//Par Simon Beaugars//

 

Le CEO de la première alliance mondiale de l’automobile, Carlos Ghosn, se trouve en prison dans un centre de détention au nord de Tokyo depuis maintenant plus de 10 jours. Lorsque l’affaire a été dévoilée en conférence de presse par le CEO de Nissan, Hiroto Saikawa, les chefs d’accusations concernaient la fraude fiscale et l’abus de bien social. En réalité, il n’en n’est rien, du moins pour le moment. Le Franco-Libano-Brésilien, clé de voûte de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, est pour l’instant soupçonné d’avoir minimisé ses propres revenus d’un milliard de Yen par an durant cinq années.

Cette affaire n’est pas sans rappeler le départ précipité de Martin Sorrell en Avril dernier, après trente-trois ans passés à la tête de Wire Plastic & Products (WPP). Cette entreprise qui, rappelons-le, n’était au début qu’une fabrique de fil de fer est désormais le numéro un mondial de la communication. De la même façon que pour Carlos Ghosn, une enquête et des lanceurs d’alertes internes à l’entreprise avaient signalé un « comportement inapproprié » de leur CEO, soupçonné d’abus de bien social.

Tout comme Carlos Ghosn, le montant de sa rémunération avait été largement commenté. Sir Martin Sorrell, diplômé d’Harvard, était le patron britannique le mieux payé avec une rémunération proche de 90 millions d’euros par an. Carlos Ghosn, est lui, à la fois le troisième patron français le mieux payé et le patron le mieux payé au pays du soleil levant. Le montant de leurs émoluments ont souvent été critiqués, notamment du côté des actionnaires des deux groupes. En 2012, une majorité de près de 60% avait même voté contre la rétribution de Martin Sorrell. La similitude se poursuit puisqu’en 2016 le même sort était réservé à Mr. Ghosn. L’assemblée générale des actionnaires avait alors voté à 54% contre la rémunération du patron du constructeur automobile. Deux entreprises différentes, mais le parallélisme entre la trajectoire des deux patrons est troublant. Quel avenir pour les gouvernances avec une forte concentration des pouvoirs autour du CEO ?

En l’espace d’un an l’action de WPP a perdu plus du tiers de sa valeur. Le titre Renault a lui chuté de 8% en quatre jours depuis l’arrestation de l’emblématique dirigeant. Les fragilités de gouvernance du constructeur démontrent encore une fois l’importance de l’analyse ESG des investisseurs et en particulier du G de gouvernance.

Un fonds ISR réalise des investissements responsables et durables privilégiant les actions d’entreprises performantes sur le plan financier tout en prêtant une attention  équivalente à la mesure de critères dits « ESG ». Ces critères mesurent l’impact Environnemental (tels que les émissions de CO2), Social (le respect des salariés et du droit du travail) et de Gouvernance (telles que l’indépendance du conseil d’administration et la vérification des comptes par un comité indépendant). Investir dans les fonds ISR c’est faire le choix d’entreprises qui contribuent au développement durable de l’économie, qui favorisent les avancées sociales et participent au bien être des générations futures.

Dans cette perspective, les déboires récents de l’alliance Renault-Nissan renforce une certitude : celle de l’importance névralgique, pour tout conseil d’administration, d’être doté de comités de nominations, de rémunérations et d’audit, composés de membres indépendants, capables de contenir les risques de dérive du charisme des puissants dirigeants.

Amundi, le leader européen de la gestion d’actifs a par ailleurs annoncé le mois dernier vouloir faire passer l’offre de fonds actifs destinés aux particuliers prenant en compte des critères ESG de 25 milliards d’euros aujourd’hui, à environ 250 milliards d’euros d’ici à fin 2021.

De plus en plus d’épargnants s’orientent vers ce type d’investissement,

Alors, pourquoi pas vous ?

 

 

 

 

Sources :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/11/26/tout-comprendre-a-l-affaire-carlos-ghosn-qui-ebranle-l-alliance-automobile-franco-japonaise_5388898_3234.html

https://www.lesechos.fr/15/04/2018/lesechos.fr/0301567188510_wpp—le-depart-de-martin-sorrell-sonne-la-fin-d-une-epoque.htm

http://www.lavoixdunord.fr/358904/article/2018-04-15/wpp-interrogations-apres-la-demission-du-dg-martin-sorrell

https://www.optionfinance.fr/asset-management/actualites/zapping/detail/la-crise-autour-de-carlos-ghosn-souligne-limportance-de-lanalyse-esg.html

https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/0302354560761-amundi-sengage-a-devenir-plus-responsable-2211825.php

 

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