L’échec de la coalition gouvernementale en Allemagne et les répercutions possibles sur les marchés

//Par Ambroise C.//

Le 24 septembre dernier, Angela Merkel remportait les élections législatives allemandes et rempilait pour un 4ème mandat consécutif à la tête du gouvernement allemand. Deux semaines plus tard, la chancelière allemande officialisait son souhait de former une nouvelle coalition gouvernementale avec les libéraux et les écologistes, et annonçait déjà la couleur pour les discussions à venir. Finalement, ce dimanche 19 novembre, Christian Lindner, président du Parti libéral-démocrate (FDP), mettait fin au suspense en rompant les discussions suite au refus catégorique de son parti de créer un nouveau gouvernement.

La « Coalition Jamaïcaine » :

Aux dernières législatives allemandes, le parti conservateur CDU remportait les élections avec seulement 33% des suffrages, son plus bas score depuis 1949. Les premiers signes de contestation envers la politique d’Angela Merkel se font ressentir. Au lendemain de sa défaite, Martin Schulz, leader du parti social-démocrate allemand (SDP), annonce le retrait de son parti de la « Grande Coalition » qui irait prendre place sur les bancs de l’opposition. Avec ce retrait majeur, la chancelière perd la majorité et est donc contrainte de trouver une alternative pour contrer les offensives de l’opposition et plus particulièrement du parti d’extrême droite l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) et du parti d’extrême gauche Die Linke. Ne reste alors qu’une solution pour obtenir la majorité au Bundestag, celle de rassembler les conservateurs (CDU), les Libéraux (FDP) et les Verts. Une alliance inédite au niveau national qui aura bien du mal à se réaliser aux vues de leur différent sur certains dossiers clés.

Finalement, Christian Lindner mettra fin aux discussions après plus d’un mois de négociations entre les partis. Selon lui, les multiples réunions n’ont permis de dégager ni « position commune » ni « confiance mutuelle » alors que son parti n’a cessé de faire des propositions pour en arriver à un compromis. De son coté, la chancelière s’est rendue auprès du chef de l’État, Franck-Walter Steinmeier, pour l’informer de son échec. Ce dernier appellera la classe politique à ne pas abandonner les négociations pour la formation d’un gouvernement et écartera la possibilité de législatives anticipées dans l’immédiat.

Quelles répercutions sur les marchés ?

Malgré l’amplitude de la situation qui touche la première économie d’Europe, celle-ci n’effraie en rien, à court terme, les experts et les milieux économiques. Cependant, ceux-ci s’inquiètent du retard que prend l’Allemagne face aux défis qui l’attendent.

Ce matin, les marchés européens suivaient leur cours. Le Dax ouvrait à la baisse mais terminera à la hausse en ce lundi 20 novembre (+0.50%) tout comme l’Euro qui était tombé en début de journée mais qui finira en hausse. Dans l’ensemble, les investisseurs semblent garder confiance en Angela Merkel. Pour certains, cet échec n’aura aucun effet sur le court terme à en voir les résultats économiques affichés par les gouvernements intérimaires belges et hollandais. Cependant, il ne s’agirait pas de perdre trop de temps au vue du « manque de réformes structurelles et le besoin urgent d’investissements dans le numérique et l’éducation » (M. Brzeski, 2017). L’Allemagne traverse une passe où leur politique ne peut être indécise du fait de la pénurie de main-d’oeuvre qualifiées, du vieillissement de sa population, de ses infrastructures en mauvais état, de la crise de confiance de son industrie automobile et de son virage énergétique inachevé. Si des décisions ne sont pas prise rapidement, cela pourrait couter cher à la croissance allemande sur la prochaine décennie.

Autre inconnue est celle de l’avenir de l’Europe. La Chancelière allemande s’était imposée comme le leader de la construction européenne mais suite à son échec national, « Emmanuel Macron apparaît désormais comme le principal homme fort du continent, mais il ne pourra guère avancer dans ses projets européens sans l’aide de l’Allemagne…» (T. Le Liboux, 2017).

 

Sources :

http://www.france24.com/fr/20171120-allemagne-echec-negociations-former-gouvernement-coalition-angela-merkel-immigration

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/20/l-allemagne-en-pleine-tempete-politique_5217483_3214.html

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/07/angela-merkel-souhaite-une-coalition-avec-les-liberaux-et-les-verts_5197757_3214.html

http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/les-marches-reagissent-avec-calme-a-l-echec-de-merkel-a-former-un-gouvernement-6374787

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030901593220-bourse-les-investisseurs-insensibles-a-limpasse-politique-allemande-2131631.php

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/le-blocage-politique-en-allemagne-n-effraie-pas-les-investisseurs_514624

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