Les conséquences du virage protectionniste américain

// Par Nasser Bdioui  //

La politique économique du président Trump se résume à son slogan de campagne : « America First ». En effet, lorsque le président américain cherche à défendre son programme économique celui-ci invoque les pères fondateurs des Etats-unis, qui sont pour lui farouchement protectionnistes. Selon Trump : « Notre constitution ne parlait historiquement pas d’impôt sur le revenu, mais elle mentionnait les droits de douane, qui devaient taxer la production étrangère plutôt que la production américaine », En ce sens l’administration Trump enclenche un virage clairement protectionniste. Faute d’avoir réussi à arracher des concessions à la Chine lors de sa rencontre avec le président Xi Jinping au G20, Trump prend une série de mesure visant a protéger certains secteurs industriels clefs, ainsi que des grandes entreprises américains en voie d’être racheté par Pékin, en témoigne le rachat de Money Gram par le géant chinois Alibaba

Naturellement, les conséquences du néoprotectionnisme américain  sont lourdes sur l’économie mondiale , ainsi que sur le monde la finance.  Selon le Wall street journal, “ses conseillers sont persuadés qu’il suffira de menacer de fermer l’accès au vaste marché américain pour contraindre les partenaires commerciaux de Washington à accepter les changements souhaités, et si ça ne marche pas, les États-Unis se retireront de ces traités. Or, pékin a d’ores et déjà enclenché les premières représailles économiques pour punir la fermeture des marchés américains aux exportations chinoises. Trump ne peut négliger le fait que la Chine possède plus de 1146 milliards de dollars de bon du trésor américain, ce qui lui concède un levier puissant sur l’inflation américaine et surtout sur la valeur du dollars. Ainsi, la première conséquence du protectionnisme de Trump et la nouvelle volatilité du dollars ainsi que sa dépréciation vis-à-vis de l’euro. Ironiquement, les sanctions émises par la chine ouvrent de nouvelles perspectives d’investissement sur les marchés des devises

Même si ce replis économique semble être le symptôme d’une économique américaine décadente, il convient de ne pas négliger le fait que les américain ont déjà vécu un situation presque similaire il y a 30 ans. Lors de l’élection de Reggan dans les année 1981 Paul Kennedy publie le bestseller « The Rise and the fall of the Great Powers » Selon lui ; le tournant protectionniste américain était la preuve d’un déclin au profit du Japon. Cependant, la thèse de l’Amérique décadente est démentie par le Golden Décade des année 1990. C’est dans ces années post-protectionnistes que la bourse est devenue la pierre angulaire de l’économie américaine. Les hedge funds(fonds spéculatifs) et les fonds d’investissements deviennent des acteurs prépondérants du capitalisme américain et mondial. Ainsi, on peut voir que la force du géant américain est avant tout sa capacité à se renouveler, en ce sens peut-on vraiment parler de déclin face la Chine ? Le Etats unis ne traversent-ils pas seulement une période de transition à l’image de l’Amérique de Reggan en perte de vitesse face au Japon ? D’un autre côté, les USA sont-ils encore capables de soumettre les autres pays à leurs vision du commerce comme ils l’ont fait à travers les accords du Plaza ?

 

Sources:

07/01/2018 Histoire et géographie et géopolitique du monde contemporain edition Sup’Foucher

10/11/2016 Un protectionnisme agressif d’après Courier international https://www.courrierinternational.com/article/economie-le-protectionnisme-agressif-de-donald-trump

Partagez sur
Share on FacebookShare on LinkedIn